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Novembre 2010, N.277
Chez Jean-Marie Lapointe
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Acteur, animateur, musicien, grand sportif, bénévole et adepte de la méditation, entre autres, l’ardent Jean-Marie Lapointe est un gars impliqué qui a le coeur
sur la main. On l’a visité chez lui.
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Photos et propos recueillis par Isabelle Clément
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Jean-Marie Lapointe et Les idées de ma maison sont heureux d’appuyer l’organisme Dans la rue.
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Est-ce que tu passes beaucoup de temps à la maison?
Oui, car je suis travailleur autonome. En ce moment, je planche sur un documentaire portant sur l’équilibre entre le corps, l’âme et l’esprit pour Canal Vie, pour
lequel je fais aussi la musique. Le bureau est la pièce que j’occupe le plus. C’est là que je me relaxe, que je médite, que je lis, bref, c’est là que je me ressource.
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Quels souvenirs gardes-tu de la maison de ton enfance?
J’ai eu deux maisons d’enfance. La première à Mont-Royal (municipalité de l’île de Montréal). C’était vraiment une belle maison, située dans un beau quartier.
C’était une période relativement agréable de mon existence, même s’il y avait de l’instabilité dans la vie de mon père. Ses périodes de sobriété alternaient avec des
rechutes... En 1987, on a déménagé à Outremont, ce qui correspond à une période faste de la carrière de mon père, qui était devenu complètement sobre. On vivait dans
l’abondance. Depuis ce temps, j’ai habité d’autres quartiers de Montréal, mais je suis toujours revenu à Outremont. C’est d’ailleurs encore dans cet arrondissement
que j’habite maintenant. Il y règne une atmosphère de village que j’aime beaucoup.
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Beaucoup de jeunes vivent dans la rue. Qu’est-ce que tu en penses?
Certains disent qu’il s’agit d’un choix. Selon moi, aucun jeune ne se dit: «Yeah! je m’en vais dans la rue, j’ai tellement hâte d’aller y vivre!». Je pense que
l’itinérance est le dernier recours en réaction à la souffrance, à la détresse. Beaucoup de ces jeunes qui sont dans la rue ont vécu des situations difficiles (abus,
violence, pauvreté, etc.) et n’ont pas trouvé de ressources pour les aider, les encadrer, les remettre sur les rails. Ils ont quitté la maison en claquant la porte
parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix.
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«J’aimerais beaucoup vivre dans un loft au moins une fois dans ma vie, que ce soit dans le Vieux-Montréal ou dans un quartier plus industriel. Je veux vivre ce
trip-là.»
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Quel regard poses-tu sur ces jeunes?
Souvent, les jeunes qui sont dans la rue se font regarder comme s’ils se situaient une coche en dessous de l’être humain. Alors que ça pourrait être toi, ça pourrait
être moi. Je suis chanceux, j’ai beaucoup de ressources. Pour me ramasser dans la rue, il faudrait d’abord que je perde tous mes amis, toute ma famille, tous mes
avoirs... Ça en fait, des étapes, mais ce sur quoi on est assis, ça peut s’effriter, même si on pense que c’est très solide. Il faudrait que je sois drôlement arrogant
pour croire que ça ne m’arrivera jamais. Et si ça ne m’arrive pas à moi, ça peut arriver à ma soeur, à l’enfant que j’aurai peut-être, etc. Je pense qu’il faut changer
notre regard, enlever nos lunettes de jugement et chausser celles de la compassion.
Il y a beaucoup de tableaux chez toi. D’où viennent-ils?
La plupart sont du peintre canadien John F. Marok. Il y a plusieurs années, mon père a eu un coup de foudre pour ce peintre-là. Il nous a même dit: «Écoutez, les
enfants, si vous avez de l’argent de côté pour acheter des toiles, procurez-vous de ses oeuvres à lui.» Je pense qu’il a vu juste, car ce peintre est bien coté au
Canada. Il a un style.
Des murs nus, ce n’est pas possible, chez toi...
J’avoue que des fois, quand je vais visiter certains de mes amis chez qui il n’y a rien sur les murs, je me dis «Wow, ça c’est zen, ça c’est épuré». Et ça me fait
triper aussi. Je me verrais très bien vivre dans un tel décor. Même si j’aime beaucoup mes toiles, je pourrais les vendre, m’en débarrasser.
Que changerais-tu dans ton condo?
J’aimerais que mon condo soit un loft, qu’il n’y ait pas de murs. J’aime l’espace, l’ouverture, la lumière.
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«Dans mon coin méditation, j’ai mis les photos du dalaï-lama, de Matthieu Ricard et de Dilgo Khyentse Rinpoché. Il y a aussi des roches du Népal, du Bhoutan et
du Pérou, et un bouddha. J’essaie de méditer tous les jours, entre 10 et 40 minutes.»
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Est-ce que tu es du genre à faire la tournée des magasins de déco?
C’est rare, très rare. Je ne suis pas un «acheteux». Même que je suis plutôt dans une phase où j’ai envie de me débarrasser de certaines choses. Remarque, j’ai besoin
dans ma chambre d’un meuble pour ranger mes vêtements. J’en avais un avant, qui était à l’une de mes soeurs, mais elle l’a récupéré. C’est pour ça qu’il y a des
vêtements qui traînent par terre.
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Toi qui pratiques la méditation, as-tu déjà fait une retraite?
Oui, une fois, pendant 10 jours en solitaire. Une autre fois, j’ai fait une retraite d’unmois avec un petit groupe.
«La petite souris, c’est mon amie Stéphanie qui l’a achetée, parce qu’elle et moi, on s’appelle l’un l’autre «Tite souris». Elle est à nous deux. Des fois, c’est
Stéphanie qui l’a, d’autres fois, c’est moi.»
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