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Le nombre de mauvais payeurs de loyers continue de progresser au Québec, au grand dam des propriétaires. Avec la crise économique actuelle, la situation risque de se dégrader encore davantage.

 
 
Par Éric Yvan Lemay/Journal de Montréal/Agence QMI
 
 
Selon les données obtenues en exclusivité par le Journal, pas moins de 46 148 plaintes de non-paiement ont été enregistrées par la Régie du logement en 2008-2009. Ce sont 450 de plus que l'an dernier et 4500 de plus qu'en 2001-2002.

«On voit une progression constante, mais il est certain que la crise économique peut jouer un rôle, tout comme les augmentations de loyer», explique le porte-parole de la Régie, Jean-Pierre Leblanc.

Selon lui, le délai moyen de traitement d'une plainte est de 30 jours, mais certains locataires réussissent à étirer les délais.

Des mesures plus strictes

Lorsqu'un locataire refuse de payer, le propriétaire peut entreprendre des procédures d'éviction ou de saisie. «Nos avocats chargés des saisies sont plus occupés depuis l'automne dernier», confirme Martin Messier, président de l'Association des propriétaires du Québec.

Pour la CORPIQ, il faut des mesures plus coercitives pour dissuader les mauvais payeurs. «On devrait exiger un dépôt de sécurité de loyer équivalent à 50% ou 100% d'un mois», dit le responsable des communications Hans Brouillette. On estime à 200 millions les pertes encourues annuellement.

On souhaite aussi réduire les délais de traitement des plaintes à la Régie. «Comme les propriétaires savent qu'ils ne récupéreront pas les loyers impayés, ils devraient pouvoir récupérer le logement plus rapidement», indique-t-il.
La faute de la crise?

À la Régie du logement, on indique que l'on donne des séances d'information aux locataires, notamment aux nouveaux arrivants. «On leur rappelle que leur première obligation, c'est de payer leur loyer», soutient Jean-Pierre Leblanc.

La crise économique ne doit pas devenir un prétexte pour se désister de ses obligations, selon la CORPIQ. «Pour les problèmes passagers, par exemple une perte d'emploi, les propriétaires peuvent être tolérants et soutenir un locataire, mais les propriétaires ne doivent pas supporter le poids social de la crise», conclut Hans Brouillette.
Non-paiement de loyers en chiffres*
2001-2002
41 746
2002-2003
41 483
2003-2004
43 864
2004-2005
44 742
2005-2006
44 942
2006-2007
44 534
2007-2008
45 697
2008-2009
46 148**
* Demandes introduites et relancées en non-paiement à la Réfie du logement du Québec

** Les données pour 2008-2009 représenent une estimation selon les 11 premiers mois
Le nombre de propriétaires qui évincent leur locataire pour récupérer le logement est lui aussi en hausse. En mars dernier, on a dénombré pas moins de 1210 demandes de reprises de logement.



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